La mouche
Allongé sur le dos plutôt que de tourner en rond
Mains derrière la nuque
Un prisonnier reluque
Une mouche au plafond
Qui fait les cent pas
Essayant de retrouver la liberté
Entrée par hasard pour se sauver
D'un bec de piaf qui passait par là,
La fenêtre est entrebâillée
Sur quatre barreaux noirs
Geôle triste de bagnard
L'ennui y règne à bâiller,
La mouche s'arrête, observe
S'interroge un instant
Perturbée par son enfermement
Désorientée la voilà qui s'énerve
Vole dans tous les sens, folle
Se heurte à la vitre, recommence
Privée de liberté la démence
Grandit dans son crâne de bestiole,
Le détenu tout ému
Par sa détermination à vouloir s'évader
A vouloir retrouver sa chère liberté
La happe d'une pogne velue
Le bras tendu à travers les barreaux
Le prisonnier relâche son emprise
La mouche groggy par la prise
Tel aux filets un oiseau
S'attarde dans la paume du bonhomme
Mais bien vite celle-ci reprend ses esprits
Et le vent cher aux ailés de la vie...
Pourquoi ne suis-je qu'un homme
Soupire le criminel en frissons
Dans sa cellule d'enfermement
Vie de mouche est tellement
Préférable à la mienne, cafard de prison...
jill bill